S'engager dans un service volontaire européen
Derrière le "service volontaire européen", expression aux relents militaires, se cache une initiative pacifique pour tous les jeunes de 18 à 30 ans. Le principe : participer pendant 2 mois à un an, à un projet d'intérêt général dans un des 27 pays de l'Union européenne (ou un de ses "partenaires" comme la Turquie et l’Arménie), et cela tous frais payés (assurance et sécurité sociale comprises). Comment passer du rêve d'horizons européens à la réalité du départ ? Enquête d'Olivier Moulergue, ancien volontaire.
Vous avez envie de voir du pays, de vous faire une expérience internationale, et aussi de vous rendre utile dans une association ? Le service volontaire européen (SVE) est peut-être pour vous. De la conception d'un site internet pour une association ukrainienne à la restauration de monuments au coeur de l'Allemagne, il y en a pour tous les goûts et toutes les compétences.
Pour partir, il vous faut suivre un parcours à étapes de plusieurs mois. Episode 1 : choisir son association française d'envoi
Vous devez d'abord vous mettre en contact avec une association française dite "d’envoi". Son rôle : vous aider à choisir le volontariat qui vous convient et vous mettre en contact avec les organisateurs des projets. Pour la trouver, consultez le site http://ec.europa.eu/youth Remplissez les deux premières cases en choisissant votre pays (France par exemple) et la ville la plus proche. Dans la troisième rubrique (Type of accreditation), sélectionnez "sending organisation". Le tour est joué !
Joseph, lui, est passé par le CIDJ de Paris. Mais vous pouvez aussi choisir une Mission locale, une Maison des jeunes et de la culture ou une association de chantiers de jeunes comme Olivier. La structure choisie vous fixe plusieurs rendez-vous pour évaluer vos motivations. Il faut que le courant passe : la personne que vous rencontrez sera le seul lien entre vous et les Européens qui vous recevront. Mais pas d'inquiétude, il ne s'agit pas d'un entretien d'embauche ! "J’ai eu deux rendez-vous de 15 mn, raconte Joseph, et l’on m’a surtout demandé dans quel domaine et avec quel public je voulais travailler". Trois mois plus tard, il partait à Dresde en Allemagne pour travailler dans un jardin d'enfants. Episode 2 : sélectionner son projet
Vous voilà ensuite lancé dans la chasse au projet idéal. Vous devez à nouveau vous connecter sur le site européen du SVE. Pour dégoter la perle rare dans une masse de propositions, concentrez-vous sur les thèmes proposés. Le choix d’une langue n'est pas essentiel car quelle que soit la contrée, vous recevrez des cours de langue hebdomadaires gratuits. Privilégiez donc le domaine dans lequel vous voulez oeuvrer. Claire a ainsi décidé de se lancer dans l’accueil des immigrés car "c'est le genre de projet où il y a toujours quelque chose à faire…".
Examinez attentivement les tâches mentionnées dans la description des projets. Vous pouvez travailler dans l’environnement sans jamais sortir de votre bureau, ou au contraire être toute la journée à l’extérieur comme Guillaume qui a travaillé dans une ferme. Attention également à l’isolement de certains projets. Rémi, volontaire en Lettonie, regrette ainsi de s’être retrouvé dans un petit village "peu propice à de nouvelles rencontres"… Aide aux migrants dans une grande ville, ferme biologique en pleine campagne ou restauration de monuments historiques perdus, c’est à vous de voir, selon votre personnalité et vos qualités. Une seule règle : être au clair avec ce que l’on recherche. Episode 3 : faire ses valises
Ca y est, il ne vous reste plus qu'à faire le "grand saut". Avant le départ, vous participez à une réunion obligatoire de préparation avec d’autres volontaires. Un moyen de se sentir moins seul dans l’aventure. Si la chance vous sourit, vous ferez sans doute la connaissance de bénévoles partant pour le même pays, la même région ou la même ville. De quoi se constituer un carnet d’adresses, pratique pour réaliser des excursions.
Pas de soucis cependant, si vous semblez seul(e) à partir pour un trou perdu : des sites internet localisent les autres volontaires du secteur et vous donnent leurs contacts. Episode 4 : s’adapter
Aussi motivé que l’on soit, il faut se préparer à un changement de décor. Le logement, fourni par les organisateurs, peut aller du dortoir à la colocation spacieuse. L'indemnité pour la nourriture et les loisirs (de 140 à 210 euros selon le pays) permet d'avoir un mode de vie "raisonnable" à confortable.
L'acclimatation est aussi culturelle et sociale. Thomas, parti en Ukraine, a eu besoin de longues nuits pour récupérer des efforts faits pendant la journée pour comprendre le russe. Se faire de nouvelles connaissances demande plus ou moins d’efforts. "Grâce aux rencontres de volontaires organisées en début et en milieu de service européen, on se constitue un réseau dans toute l'Allemagne", note Joseph, enthousiaste. Le service volontaire européen, c'est aussi la découverte d'une activité, de savoir-faire, un moyen d'expérimenter une voie professionnelle. Guillaume, diplômé de la Sorbonne en économie, a ainsi pu faire ses premiers pas dans l’agriculture biologique. Rentré au bercail, vous recevrez un diplôme précisant les compétences acquises. Un service volontaire européen, ça vous marque une vie ! Pour contacter des anciens et nouveaux volontaires : http://www.sve-connexion.org est un réseau d’échanges de volontaires européens en France. Le témoignage de Laure, volontaire pour les Enfants du Mékong Vidéo ''Imagine ton SVE'' : 4 volontaires témoignent
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