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La Sottise n'est pas au programme !

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En ce début d'année louons et souhaitons-nous le beau regard ! Celui que l'on porte sur l'enfant qui nous est un modèle, d'après le Christ. Celui ou ceux que le Créateur nous a confiés en nous appelant à les découvrir afin de demeurer le plus fidèle possible à son plan...

CHRONIQUE EDUCATIVE

En ce début d'année, louons et souhaitons-nous le beau regard ! Celui que l'on porte sur l'enfant, qui nous est un modèle, d'après le Christ. Celui ou ceux que le Créateur nous a confiés en nous appelant à les découvrir afin de demeurer le plus fidèle possible à son plan. Ces enfants sont le plus beau terrain d'exercice de notre amour. Je ne parle pas des sentiments que procure l'amour - et qui peuvent être aussi bien joyeux que douloureux puisqu'il nous est affirmé, de la bouche de Dieu qu'il n'est de plus belle marque d'amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime... Porter le regard sur une personne, c'est déjà s'offrir à elle en étant disposée à l'accueillir, à la comprendre. Les adultes, conditionnés à outrance par une existence parsemée de souffrances, souvent se dissimulent et la confiance qu'on avait offerte en est blessée. Mais un enfant, lui, s'offre tel qu'il est, tel que le Seigneur, Lui encore, nous demande de demeurer : offert, tel que l'on est, personne et non personnage. J'aime cette nature - déchue certes - mais offerte tout naturellement par l'enfant à celui qui s'offre à le servir.
Certes, notre société victime des apparences, leur apprend très tôt à composer un personnage, à cultiver la peur du regard d'autrui et pourtant, c'est ce regard bienveillant et accueillant qui leur ouvre la voie de la découverte de ce qu'ils ont de meilleur. Il est pour eux comme pour nous une entrée dans l'aventure d'une vocation, l'appel que Dieu murmure a chacun de devenir l'enfant qu'Il a déjà adopté en le rachetant par Son Fils envoyé aux hommes, fait homme et mort d'amour sur une croix d'assassin.
Notre regard doit être déjà confiant en ces trésors que nous sommes appelés à découvrir en con-naissant l'enfant. Notre regard doit se rendre disponible à tout ce qui se révélera, sans a-priori, sans volonté propre sinon celle du jardinier qui adapte l'arrosage... à chaque plante en fonction de ce qu'il en sait. Notre regard doit se faire exigeant de la certitude que chacun de nous est un coffre-fort d'amour dont les perles sont variées à l'infini mais toutes magnifiques. Notre regard se fait sévère si les pesanteurs de la nature blessée viennent à détourner le petit conquérant des joies de la conquête de lui-même. Notre regard valide et valorise ses trésors, il le réjouit en se réjouissant des trouvailles délicieuses qui se révèlent au fil des jours et des exercices. Un progrès est une victoire pour lui et pour nous par ricochet, nous auxquels il s'offre en confiance, pour assumer les échecs et cultiver l'humilité, autant que pour se révéler capable de progrès. L'enfant se met à nu sous notre regard : il a droit à notre respect. Il se laisse juger, voire sanctionner par nous, en ferions nous autant à notre âge que nous estimons respectable c'est à dire souvent, dispensé d'un regard de vérité.
Nous devons donc agir à son service avec délicatesse et discrétion, puisqu'il nous est donné ce pouvoir redoutable de le guider sur un chemin de croissance. Ce qui se passe en famille, ce qui se passe à l'école doit servir la même personne dont la connaissance s'enrichit de ces terrains d'exercices différents mais dont le but est le même : grandir, grandir en amour, grandir en étant toujours plus celui que Dieu attend, son enfant.
Il est indispensable que les maîtres se forment afin de bien maîtriser la puissance de l'enseignement sur l'éducation. Ainsi, ils ne redouteront plus d'éduquer par l'enseignement dont ils rééquilibreront les différents aspects au service de la personne.
Il n'a jamais été prouvé, au contraire, que l'homme était obligatoirement intellectuel. Il est raisonnable, certes, apte au raisonnement, mais surtout, il doit être intelligent afin de se mettre en harmonie avec son environnement naturel et humain. Intellect et intelligence ne se confondent pas ! Un de mes maîtres martelait "qu'on est intelligent avec les yeux et les oreilles". Cela est très encourageant : on peut fort bien ne pas être intellectuel et être fort intelligent. D'ailleurs le passé fourmille de gens remarquablement intelligents qui ont fait la gloire de notre pays et qui n'étaient nullement des intellectuels. J'ai vu des débiles mentaux modifier totalement leur comportement, grâce à cette certitude que ce sont nos sens qui nourrissent notre esprit, que ce sont "nos yeux et nos oreilles qui nous rendent intelligents.
Or, la plus grosse difficulté à laquelle nous nous heurtons, aujourd'hui, avec les enfants, mais aussi avec les adultes, est le manque de capacités d'observation, d'écoute et d'attention. Ils veulent réfléchir sans avoir regardé, ni écouté. Le mythe de l'intelligence confondue avec les mécanismes de l'intellect leur fait perdre, presque au berceau, le sens de la réalité qui veut que le cerveau vide ne puisse réfléchir à rien, ou plutôt qu'il enferme l'homme dans ses sensations et ses sentiments dont il fait le fondement de la pensée. Une catastrophe. Comme disait Proudhon, si je ne me trompe : "Ecartons les faits, ils ne touchent pas à la question"... Quelle stupidité ! Or il semble que le conditionnement de deux siècles de cette "intime" - très intime - conviction ait détourné notre bon peuple des faits. La vie en ville, entre autre, enfermée dans des murs de béton, à la maison, à l'école, dans les gymnases, et que sais-je encore, a coupé les meilleurs esprits de bien des réalités. Le réflexe de l'intelligence n'est plus, D'ABORD, d'observer les faits. Il est de "chercher dans sa tête" où souvent... il n'y a rien, concernant la question en tout cas. Des théories pédagogiques absurdes ont même érigé cette attitude en principe de base. Il faut les laisser (les bambins ignorants) retrouver en eux-mêmes les règles de... grammaire ou de calcul ! Un véritable moyen de faire de nos descendants des petits barbares. La délinquance trouve là une de ses sources principales.
Mais chez nous aussi, qui accueillons des enfants de familles ardentes à les bien élever, qui accueillons des stagiaires ou des maîtres tellement désireux de bien éduquer, notre principal combat est là ! Nous sommes condamnés à faire reformuler ce que nous demandons pour être certains que le "moi profond" de chacun ne va pas trahir la consigne. C'est quotidien lorsqu'il s'agit de faire comprendre aux enfants le sens d'un problème qui est une petite énigme à résoudre. Il est indispensable d'en avoir intégré les différentes données : eux, en tirent une impression... "Oh! dis donc ils sont chers les haricots là !"... ou "et bien, ils ont couru longtemps, les pauvres !" Cela ne les dérange pas en effet, de trouver qu'ils ont couru pendant 3 200 heures, ou que le grand frère mesure 4 mètres de plus que le petit ! Ne vit-on pas aujourd'hui dans la fascination du fantastique ? Cette attitude fondée sur le sentiment est le plus sûr chemin de culture de la bêtise.
Je leur dis toujours, parce que j'en suis convaincue, que le Seigneur ne les a pas créés comme cela : les bêtes ont en général quatre pattes ! La bêtise est une maladie qui s'attrape, qui se cultive à proportion du mépris de l'observation et de l'attention. Cela commence en famille, lieu privilégié de l'apprentissage du respect d'autrui, où il faut éviter de dire "réfléchis" et privilégier "écoute" ou "regarde". Les champs d'observation se dilatent à l'école et au collège. Là encore l'éducation au réflexe d'observation devrait être premier. Le tentation est très forte pour ceux qui savent, de déconnecter leur enseignement de la réalité qui le fonde, du bienfait qu'il apporte à l'être de l'homme. On enseigne comme s'il s'agissait seulement d'avoir... des connaissances, des bonnes notes, des succès. Tout cela est certes très agréable, parce que significatif... mais de quoi ? D'un moyen de détenir un pouvoir ou d'une croissance de l'être ? Les maîtres eux-mêmes le savent-ils ? C'est le travail sur le terrain de l'intelligence qui permet de se découvrir soi-même, de grandir, d'être meilleur. Les progrès de l'intellect - qui relève des biens de l'avoir - peuvent parfois y contribuer, mais souvent en éloigner. En effet, comme tout bien de l'avoir, ils nécessitent une croissance proportionnelle en humilité... le sens du réel, sur lequel ils doivent se fonder pour être fructueux.
Pour ce faire, les maîtres doivent accepter de considérer ce que les enseignements développent dans l'enfant : veiller à ce que les enseignements artistiques et sportifs ouvrent les portes de l'intelligence aux disciplines plus intellectuelles. Celles-ci ne sont pas le pilier des apprentissages, mais en sont le couronnement : les Anciens l'avaient parfaitement compris, qui ne concevaient pas le travail de l'esprit sans la santé du corps et le goût de la beauté.
Ce regard sur le service de l'enfant permettrait de collaborer beaucoup plus directement avec les familles, de faire moins de pédagogismes à la Diafoirus, et d'introduire à l'école des compétences nouvelles. Innombrables sont les associations qui accomplissent un travail éducatif absolument remarquable par le sport et l'art. Plutôt que de dépenser des fortunes à payer des maîtres mal formés, le plus souvent, à "enseigner" ces disciplines, pourquoi ne pas avoir recours à ces compétences exercées avec passion. Le temps passé ensuite à utiliser les circuits harmonieux créés par cette éducation au réalisme, serait infiniment plus efficace, donc bref. Il faut qu'intellectuellement nous fassions de l'orfèvrerie, ce n'est pas la quantité d'heures passées qui compte, c'est la qualité de ces moments, surtout au collège où devraient être en place les conditionnements libérateurs acquis dans le Primaire.
Bien sûr, j'utilise ce que j'appelle "le marteau-piqueur" pour faire entrer dans une jeune cervelle rétive une notion fondamentale, mais il y a aussi une façon intelligente d'apprendre "par coeur", elle structure les circuits inter-hémisphériques et il est indispensable que la juste conscience des liens entre les différents enseignements aide à l'utiliser sereinement, sans la panique du "tout le programme à tout prix". Il est mille chemins pour atteindre le même objectif, l'essentiel est que tous soient éducatifs, et donc servent l'intelligence de nos enfants. Ainsi, nous collaborerons vraiment avec leurs parents rassurés et sereins, à leur conditionner un instrument adaptable à toutes les situations. Les différentes disciplines ne sont jamais que le terrain d'exercice de l'intelligence. Elles sont un moyen et non une fin comme on en est, en général, convaincu en France ! Ce besoin qu'ont les parents autant que les maîtres d'une brillante réussite scolaire m'apparaît - paradoxalement - aujourd'hui comme un recul de l'intelligence.Pire, le mépris de l'enfant en échec que j'ai constaté toute ma vie, est un scandale lorsqu'il anime le coeur de chrétiens.

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